Alphonse

Daudet

Les aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon

Die wunderbaren Abenteuer des Tartarin von Tarascon

Übersetzt von Ernst Weiß
Synchronisation und Ergänzungen © Doppeltext 2012

TITELBLATT

PREMIER ÉPISODE — À TARASCON

I — LE JARDIN DU BAOBAB

II — COUP D’ŒIL GÉNÉRAL JETÉ SUR LA BONNE VILLE DE TARASCON. — LES CHASSEURS DE CASQUETTES

III — «NAN! NAN! NAN!» SUITE DU COUP D’ŒIL GÉNÉRAL JETÉ SUR LA BONNE VILLE DE TARASCON

IV — ILS!!!

V — QUAND TARTARIN ALLAIT AU CERCLE

VI — LES DEUX TARTARIN

VII — LES EUROPÉENS À SHANGHAÏ. — LE HAUT COMMERCE. — LES TARTARES. — SERAIT-IL UN IMPOSTEUR? — LE MIRAGE

VIII — LA MÉNAGERIE MITAINE. — UN LION DE L’ATLAS À TARASCON. — TERRIBLE ET SOLENNELLE ENTREVUE

IX — SINGULIERS EFFETS DU MIRAGE

X — AVANT LE DÉPART

XI — DES COUPS D’ÉPÉE, MESSIEURS, DES COUPS D’ÉPÉE!… MAIS PAS DE COUPS D’ÉPINGLE!

XII — DE CE QUI FUT DIT DANS LA PETITE MAISON DU BAOBAB

XIII — LE DÉPART

XIV — LE PORT DE MARSEILLE. — EMBARQUE! EMBARQUE!

DEUXIÈME ÉPISODE — CHEZ LES TEURS

I — LA TRAVERSÉE. — LES CINQ POSITIONS DE LA CHÉCHIA. — LE SOIR DU TROISIÈME JOUR. — MISÉRICORDE

II — AUX ARMES! AUX ARMES!

III — INVOCATION À CERVANTES. — DÉBARQUEMENT. — OÙ SONT LES TEURS? — PAS DE TEURS. — DÉSILLUSION

IV — LE PREMIER AFFÛT

V — PAN! PAN!

VI — ARRIVÉE DE LA FEMELLE. — TERRIBLE COMBAT. — LE RENDEZ-VOUS DES LAPINS

VII — HISTOIRE D’UN OMNIBUS, D’UNE MAURESQUE ET D’UN CHAPELET DE FLEURS DE JASMIN

VIII — LIONS DE L’ATLAS, DORMEZ!

IX — LE PRINCE GRÉGORY DU MONTÉNÉGRO

X — DIS-MOI LE NOM DE TON PÈRE, ET JE TE DIRAI LE NOM DE CETTE FLEUR

XI — SIDI TART’RI BEN TART’RI

XII — ON NOUS ÉCRIT DE TARASCON

TROISIÈME ÉPISODE — CHEZ LES LIONS

I — LES DILIGENCES DÉPORTÉES

II — OÙ L’ON VOIT PASSER UN PETIT MONSIEUR

III — UN COUVENT DE LIONS

IV — LA CARAVANE EN MARCHE

V — L’AFFÛT DU SOIR DANS UN BOIS DE LAURIERS-ROSES

VI — ENFIN!…

VII — CATASTROPHES SUR CATASTROPHES

VIII — TARASCON! TARASCON!

IMPRESSUM

«En France, tout le monde est un peu de Ta­rascon.»

PREMIER ÉPISODE — À TARASCON

I — LE JARDIN DU BAOBAB

Ma pre­mière vi­site à Tar­ta­rin de Ta­rascon est res­tée dans ma vie comme une date in­ou­bliable;
il y a douze ou quinze ans de cela, mais je m’en souviens mieux que d’hier.
L’in­trépide Tar­ta­rin ha­bi­tait alors, à l’ent­rée de la ville, la troi­sième mai­son à main gauche sur le che­min d’Avi­gnon.
Jo­lie pe­tite vil­la ta­rascon­naise avec jar­din de­vant, balcon der­rière, des murs très blancs,
des per­siennes vertes, et sur le pas de la porte une ni­chée de pe­tits Sa­voyards jouant
à la ma­relle ou dor­mant au bon so­leil, la tête sur leurs boîtes à ci­rage.
Du de­hors, la mai­son n’avait l’air de rien.
Jamais on ne se se­rait cru de­vant la de­meure d’un hé­ros. Mais, quand on entrait, co­quin de sort!…
De la cave au grenier, tout le bâ­ti­ment avait l’air hé­roïque, même le jar­din!…
Ô le jar­din de Tar­ta­rin, il n’y en avait pas deux comme ce­lui-là en Eu­rope.
Pas un arbre du pays, pas une fleur de France; rien que des plantes exo­tiques, des gom­miers, des ca­le­bas­siers,
des co­ton­niers, des co­co­tiers, des man­guiers, des ba­naniers, des pal­miers, un bao­bab, des no­pals, des cac­tus,
des fi­guiers de Bar­ba­rie, à se croire en pleine Afrique centrale, à dix mille lieues de Ta­rascon.
Tout cela, bien en­ten­du, n’était pas de gran­deur na­tu­relle, ain­si les co­co­tiers n’étaient guère plus gros
que des bet­te­raves, et le bao­bab (arbre géant, ar­bor gi­gan­tea) te­nait à l’aise dans un pot de ré­sé­da;
mais c’est égal! pour Ta­rascon, c’était déjà bien joli,
et les per­sonnes de la ville, ad­mises le di­manche à l’hon­neur de contem­pler le bao­bab de Tar­ta­rin, s’en re­tour­naient pleines d’ad­mi­ra­tion.
Pen­sez quelle émo­tion je dus éprou­ver ce jour-là en tra­ver­sant ce jar­din mi­ri­fique!…
Ce fut bien autre chose quand on m’in­tro­dui­sit dans le ca­bi­net du hé­ros.
Ce ca­bi­net, une des cu­rio­si­tés de la ville, était au fond du jar­din,
ou­vrant de plain-pied sur le bao­bab par une porte vi­trée.
Ima­gi­nez-vous une grande salle ta­pis­sée de fu­sils et de sabres, de­puis en haut jus­qu’en bas;
toutes les armes de tous les pays du monde: ca­ra­bines, rifles, trom­blons, cou­teaux corses,
cou­teaux ca­talans, cou­teaux-re­vol­vers, cou­teaux-poi­gnards, kriss malais, flèches ca­raïbes,
flèches de si­lex, coups-de-poing, casse-tête, mas­sues hot­ten­totes, las­sos mexi­cains, est-ce que je sais!
Par là-des­sus, un grand so­leil fé­roce qui fai­sait luire l’acier des glaives et les crosses des armes à feu,
comme pour vous don­ner en­core plus la chair de poule… Ce qui ras­surait un peu pour­tant,
c’était le bon air d’ordre et de pro­pre­té qui ré­gnait sur toute cette ya­ta­gane­rie.
Tout y était ran­gé, soi­gné, bros­sé, éti­que­té comme dans une phar­ma­cie, de loin en loin, un pe­tit écri­teau bon­homme sur le­quel on li­sait:
Flèches em­poi­son­nées, n’y tou­chez pas!
Ou:
Armes char­gées, mé­fiez-vous!
Sans ces écri­teaux, jamais je n’au­rais osé entrer.
Au mi­lieu du ca­bi­net, il y avait un gué­ri­don. Sur le gué­ri­don, un fla­con de rhum, une blague turque les Voyages du capi­taine Cook,
les ro­mans de Co­oper, de Gustave Ai­mard, des récits de chasse, chasse à l’ours, chasse au fau­con,
chasse à l’élé­phant, etc. En­fin, de­vant le gué­ri­don, un homme était as­sis,
de qua­rante à qua­rante-cinq ans, pe­tit, gros, tra­pu, rou­geaud, en bras de che­mise,
avec des ca­le­çons de flanelle, une forte barbe courte et des yeux flam­boyants;
d’une main il te­nait un livre, de l’autre il bran­dis­sait une énorme pipe à cou­vercle de fer,
et, tout en li­sant je ne sais quel formi­dable récit de chas­seurs de che­ve­lures, il fai­sait, en avan­çant sa lèvre in­fé­rieure, une moue ter­rible,
qui don­nait à sa brave fi­gure de pe­tit ren­tier ta­rascon­nais ce même ca­rac­tère de fé­ro­ci­té bo­nasse qui ré­gnait dans toute la mai­son.
Cet homme, c’était Tar­ta­rin, Tar­ta­rin de Ta­rascon, l’in­trépide, le grand, l’in­com­pa­rable Tar­ta­rin de Ta­rascon.

Alphonse Daudet
Les aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon / Die wunderbaren Abenteuer des Tartarin von Tarascon
Zweisprachige Ausgabe
Übersetzt von Ernst Weiß

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