Stendhal

Vanina Vanini

Übersetzt von Franz Hessel
Synchronisation und Ergänzungen © Doppeltext 2012

TITELBLATT

VANINA VANINI

IMPRESSUM

C’était un soir du printemps de 182*. Tout Rome était en mou­ve­ment:
M. le duc de B***, ce fameux ban­quier, don­nait un bal dans son nou­veau palais de la place de Venise.
Tout ce que les arts de l’Ita­lie, tout ce que le luxe de Pa­ris et de Londres peuvent pro­duire de plus ma­gni­fique
avait été réuni pour l’em­bellis­se­ment de ce palais. Le concours était im­mense.
Les beau­tés blondes et ré­ser­vées de la noble An­gle­terre avaient bri­gué l’hon­neur d’as­sister à ce bal; elles ar­rivaient en foule.
Les plus belles femmes de Rome leur dis­pu­taient le prix de la beau­té.
Une jeune fille que l’éclat de ses yeux et ses che­veux d’ébène pro­clamaient Ro­maine entra conduite par son père; tous les re­gards la sui­virent.
Un or­gueil sin­gu­lier écla­tait dans cha­cun de ses mou­ve­ments.
On voyait les étran­gers qui entraient frap­pés de la ma­gni­fi­cence de ce bal.
«Les fêtes d’au­cun des rois de l’Eu­rope, di­saient-ils, n’ap­prochent point de ceci.»
Les rois n’ont pas un palais d’archi­tec­ture ro­maine: ils sont ob­li­gés d’in­vi­ter les grandes dames de leur cour;
M. le duc de B*** ne prie que de jo­lies femmes. Ce soir-là il avait été heu­reux dans ses in­vi­ta­tions; les hommes sem­blaient éblouis.
Parmi tant de femmes re­mar­quables il fut question de déci­der quelle était la plus belle: le choix res­ta quelque temps in­décis;
mais en­fin la prin­cesse Vani­na Vani­ni, cette jeune fille aux che­veux noirs et à l’œil de feu, fut pro­cla­mée la reine du bal.
Aus­si­tôt les étran­gers et les jeunes Ro­mains, aban­don­nant tous les autres sa­lons, firent foule dans ce­lui où elle était.
Son père, le prince don As­dru­bale Vani­ni, avait vou­lu qu’elle dan­sât d’abord avec deux ou trois souve­rains d’Al­le­magne.
Elle accep­ta en­suite les in­vi­ta­tions de quelques An­glais fort beaux et fort nobles; leur air em­pe­sé l’en­nuya.
Elle pa­rut prendre plus de plai­sir à tour­men­ter le jeune Li­vio Sa­velli qui sem­blait fort amou­reux.
C’était le jeune homme le plus brillant de Rome, et de plus lui aus­si était prince;
mais si on lui eût don­né à lire un ro­man, il eût jeté le vo­lume au bout de vingt pages, di­sant qu’il lui don­nait mal à la tête. C’était un désa­van­tage aux yeux de Vani­na.
Vers le mi­nuit une nou­velle se ré­pan­dit dans le bal, et fit as­sez d’ef­fet.
Un jeune car­bo­na­ro, dé­te­nu au fort Saint-Ange, ve­nait de se sau­ver le soir même,
à l’aide d’un dé­gui­se­ment, et, par un ex­cès d’au­dace ro­manesque, ar­ri­vé au der­nier corps de garde de la pri­son, il avait at­ta­qué les sol­dats avec un poi­gnard;
mais il avait été bles­sé lui-même, les sbires le suivaient dans les rues à la trace de son sang, et on es­pé­rait le re­voir.
Comme on ra­con­tait cette anec­dote,
don Li­vio Sa­velli, ébloui des grâces et des suc­cès de Vani­na, avec la­quelle il ve­nait de dan­ser, lui di­sait en la re­con­dui­sant à sa place, et presque fou d’amour:
— Mais, de grâce, qui donc pour­rait vous plaire?
— Ce jeune car­bo­na­ro qui vient de s’échap­per, lui ré­pon­dit Vani­na;
au moins ce­lui-là a fait quelque chose de plus que de se don­ner la peine de naître.

Stendhal
Vanina Vanini
Zweisprachige Ausgabe
Übersetzt von Franz Hessel

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